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Qui pour arrêter Haut-Brion?

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Après avoir été présenté comme le meilleur Premier Grand Cru potentiel sur la base de ses notes et de ses prix il y a deux ans, le Château Haut-Brion accéderait-il enfin au devant de la scène ?

Ce n’est pas nouveau : l’écart de prix entre le Château Lafite et les autres Premiers Grands Crus (le moteur de ce marché étant la féroce demande asiatique) s’amoindrit constamment depuis 2011 (- 47 % en tout). Alors qu’à son apogée il y a quatre ans, il était de 130 %, il n’était plus que de 35 % le mois dernier et des signes laissent penser qu’il devrait encore diminuer.

Cependant, comme l’indique Liv-ex, le passé de Château Lafite ne laissait pas présager cette récente domination du marché. Au début du XXe siècle, Haut-Brion dominait les ventes. L’explosion du marché américain et la demande particulièrement forte en Château Margaux à la fin des années 1990 ont autant contribué au développement de ce domaine que la Chine l’avait fait pour Lafite.

Liv-ex se demande si les cartes ne seraient pas sur le point d’être redistribuées.

Il ne fait pas de doute que Haut-Brion et Mouton Rothschild sont les domaines qui ont le plus profité de la chute de Lafite, en particulier le domaine de Pessac (+7,7 %), entre juin 2014 et août de cette année.

Ce que nous expliquions en octobre 2013 tient toujours : de tous les Premiers Grands Crus, la caisse de Haut-Brion est celle qui a le prix moyen le plus bas entre 2003 et 2012 (3 421 £, soit 4 647 €). Pourtant, la moyenne de ses notes Parker est la plus élevée (96,4 points), avec Latour, qui a aussi le prix moyen par caisse le plus haut (4 997 £, 6 788 €). Prenons par exemple le millésime 2010 : Latour et Haut-Brion ont chacun reçu la note Parker de 100 points mais le premier est vendu 8 600 £ (11 623 €), contre 5 600 £ (7 568 €) pour le second.

Le Haut-Brion 2005 fait partie des douze vins qui ont récemment été ré-évalués à 100 points par Robert Parker, qui a également donné la meilleure note (98 points) au Château Haut-Brion 2012 lors de ses dégustations en bouteilles de ce millésime cet été.

Selon son ratio mêlant notes et prix (POP, points over price), Liv-ex a montré que parmi les dix Premiers Grands Crus « qui semblent proposer le meilleur rapport qualité-prix », cinq sont des Haut-Brion, quatre sont des Margaux et le dernier est un Mouton Rothschild. En partant du principe que plus le score POP est bas, plus la qualité est élevée, les millésimes 2012, 2008, 2006, 2011 et 2003 de Haut-Brion obtiennent tous un résultat inférieur à 200 (tout comme les millésimes 2012 de Margaux et de Mouton). Pour donner un ordre d’idée, le Latour 2010 noté 100 points a un POP de 430.

Si on se concentre sur les millésimes 2003 à 2012 entre juin 2014 et août 2015, on remarque que seul le millésime 2011 est en déclin (-5,9 %, de 2 550 £ à 2 400 £, soit de 3 456 € à 3 253 €, ces prix étant les mid-prices établis par Liv-ex).

Le millésime 2005 est celui qui connaît la plus forte augmentation (sans doute grâce à la note de 100 points que lui a attribué Robert Parker) : +25,4 % pour atteindre les 5 150 £ (6 967 €, mid-price toujours). Vient ensuite le millésime 2008 (+9,6 %) suivi du millésime 2012 (+6,6 % depuis l’année dernière).

Le tableau présente les autres millésimes en progression :

haut-brion-2003-2012

Beaucoup garderont un œil sur Lafite l’année prochaine, mais il se peut que beaucoup fassent de même pour Haut-Brion.

21 septembre 2015

Rupert Millar

The Drinks Business

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